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Mort de Naomi Musenga après un appel au Samu : trois questions sur le drame de Strasbourg

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photo une enquête administrative a été ouverte début mai, après le décès d’une jeune femme de 22 ans au nouvel hôpital civil de strasbourg, cinq heures après son premier appel au samu 67. © capture d'ecran / google street view

Une enquête administrative a été ouverte début mai, après le décès d’une jeune femme de 22 ans au Nouvel Hôpital civil de Strasbourg, cinq heures après son premier appel au Samu 67.© CAPTURE D'ECRAN / GOOGLE STREET VIEW

La jeune maman de 22 ans est décédée en décembre dernier à Strasbourg. Son appel à l’aide au Samu n’a pas été pris en compte. Ouest-France revient sur les questions qui se posent après ce drame.

Au matin du 29 décembre 2017, à Strasbourg (Bas-Rhin), Naomi Musenga, 22 ans, maman d’une petite fille de 17 mois, appelle la police, puis les pompiers et enfin le Samu. Il est 11 h. Elle souffre de très fortes douleurs abdominales et perd du sang. Une assistante de régulation médicale du Samu la prend au téléphone, mais ne semble pas faire grand cas de son état de santé. Elle ne lui passe aucun médecin urgentiste et lui conseille simplement d’appeler SOS Médecins, lui donnant d’ailleurs le numéro de téléphone de ces généralistes à trois reprises.

Lorsque les secouristes de SOS médecins, prévenus par des proches de la jeune femme, arrivent finalement chez Naomi Musenga, son état se dégrade rapidement. Transportée à l’hôpital, elle décède à 17 h 30 d’un arrêt cardiaque après que plusieurs organes se sont arrêtés de fonctionner. Fin avril, sa famille s’est procuré l’enregistrement de la conversation entre Naomi Musenga et le Samu, diffusé depuis par le journal alsacien Heb’di. Et le 3 mai, les hôpitaux universitaires de Strasbourg ont ouvert une enquête administrative destinée à faire toute la lumière sur les faits. Le procureur de la République a, également, été saisi. Ouest-France fait le point sur les questions qui se posent après ce drame. 

A quoi sert un assistant de régulation médicale ? 

C’est le premier interlocuteur de toute personne téléphonant au 15. Cet assistant est chargé de réceptionner les appels d’urgence dans la minute, en moyenne. Il localise l’appelant de la manière la plus exacte possible (lieu d’habitation, étage, code d’accès…). Il analyse également la détresse et le degré de l’urgence. Il conseille les gestes de premiers secours. Puis il oriente l’appel vers un médecin généraliste ou un médecin urgentiste. Un assistant de régulation peut, également, déclencher une ambulance ou un véhicule Smur en cas de besoin.

Les assistants de régulation médicale, de niveau bac à bac + 2, bénéficient d’une formation de 350 heures dans un centre spécialisé : enseignement médical et gestes de premiers secours (cardiologie, neurologie, pneumologie…) ; techniques de communication et de transmissions ; gestion du stress ; maîtrise de l’outil informatique ; ateliers pratiques de simulation… Après cinq ou six semaines de stages, ils accèdent à la certification.

Le protocole a-t-il été respecté ? 

Selon Christophe Gautier, le directeur des hôpitaux de Strasbourg, interrogé par France 3 Alsace, « une première analyse laisse à penser que les conditions de traitement de l’appel n’ont pas été conformes aux bonnes pratiques, mais seule l’enquête pourra le déterminer. ». Face à une telle détresse, l’assistante de régulation médicale aurait dû passer l’appel à un médecin urgentiste de permanence.

Or la conversation entre Naomi Musenga et le Samu montre que l’assistante de régulation médicale prend à la légère l’appel à l’aide de la jeune femme. Des rires et un agacement certain ponctuent cette conversation, douloureuse à entendre.

« Si vous ne me dites pas ce qu’il se passe, je raccroche » lance, agacée, la salariée du Samu 67. « J’ai très mal, je vais mourir » répond à voix basse Naomi Musenga. « Oui, vous allez mourir un jour, comme tout le monde… Vous appelez SOS médecins, je ne peux pas le faire à votre place », conclut l’assistante de régulation médicale d’un ton sec.

Cette assistante de régulation ne devait pas demander à la jeune femme d’appeler elle-même SOS médecins. C’était au Samu de le faire. Ce qui n’a fait que rallonger le délai de prise en charge. Rien ne prouve, toutefois, que secourue rapidement, la jeune femme aurait survécu à sa détresse vitale.

Quelles vont être les suites à cette affaire ? 

Les hôpitaux universitaires de Strasbourg ont ouvert une enquête administrative destinée à faire toute la lumière sur cette affaire. Ses résultats sont attendus d’ici à trois semaines. L’opératrice du Samu, employée par les hôpitaux universitaires de Strasbourg, a été suspendue administrativement, selon BFM TV

Sur le Twitter, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn a demandé qu’une enquête de l’Inspection générale des affaires sociales soit ouverte. Elle annonce également qu’une réunion se tiendra à ce sujet « dans les jours qui viennent ».

Enfin, le procureur de la République de Strasbourg a été saisi et une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet. 

Dans un communiqué, l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf) demande « un rendez-vous immédiat à la ministre de la Solidarité et de la Santé, afin de trouver des solutions aux problèmes de régulation médicale, pour qu’un tel drame ne se reproduise pas. Les moyens doivent être mis en place pour avoir des régulations médicales modernes et répondant à des critères de qualité. La prise en charge des appels relevant tant de la santé (Samu) que des secours (pompiers) doit être moderne et traitée de façon rigoureuse par les professionnels dont c’est le métier. »

Selon Patrick Pelloux, président de l’Amuf, « on ne peut pas dire que c’est normal d’avoir le même nombre de personnes répondant au téléphone au Samu quand on avait dix millions d’appels et quand on en a 30 millions aujourd’hui. Il faut moderniser le système avec un objectif de dire que chaque appel doit être pris en charge. »

 
Yves-Marie ROBIN.   Ouest-France  

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avatar Nestorone
Mort de Naomi Musenga après un appel au Samu : trois questions sur le drame de Strasbourg
Nestorone

J'ai lu dans la presse, une remarque d'un médecin hospitalier, parlant de "syndrome méditerranéen", qui serait attribué à des personnes d'origine africaine ou maghrébine, qui exagèreraient la gravité de leurs symptômes. Chez certains ARM, cette attitude peut agacer, et provoquer la réaction que nous avons pu entendre, dans l'enregistrement téléphonique.

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