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Crimes conjugaux : ce que révèle l’analyse des 149 morts l’année dernière

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photo des scellés au domicile d'un couple après un meurtre conjugal. dans 80 % des cas, il s'agit d'un féminicide. © archives ouest-france

Des scellés au domicile d'un couple après un meurtre conjugal. Dans 80 % des cas, il s'agit d'un féminicide.© Archives Ouest-France

En 2018, 149 personnes sont décédées en France, tuées par leur partenaire ou ex-partenaire. Plus de 80 % des victimes de ces crimes conjugaux sont des femmes. Pour l’année 2019, des associations recensent déjà plus de 100 féminicides.

Le gouvernement lance ce mardi 3 septembre, en présence de familles de victimes, un « Grenelle » des violences conjugales.

L’an dernier, en France, près d’une mort violente sur cinq est survenue dans un cadre conjugal. En effet, le ministère de l’Intérieur a recensé 785 décès dans le cadre d’homicides volontaires non crapuleux (602 cas) et de faits de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner (183 cas). Parmi eux, 149 sont survenus au sein d’un couple ou entre des personnes séparées ; cela représente 19 % des faits recensés.

Les homicides perpétrés au sein des couples ou entre ex-compagnons sont observés et mesurés en France par la Délégation aux victimes, au sein du ministère de l’Intérieur. Tous les cas sont remontés par la police et la gendarmerie, et les études menées aboutissent à un rapport annuel. Celui couvrant l’année 2018 est paru le 10 juillet 2019.

Ce chiffre de 149 décès est relativement stable depuis 2014 :

80 % des victimes sont des femmes

Les femmes sont largement surreprésentées : 121 victimes sont des femmes, soit 81,2 %, et 28 sont des hommes, soit 18,8 %. Trois faits se sont produits au sein de couples homosexuels féminins.

La moitié des meurtres conjugaux ont été commis au sein de couples mariés (71 cas). Ils ont ensuite lieu entre concubins (33 cas), puis entre personnes divorcées ou séparées (27 cas). Les autres affaires sont survenues entre personnes pacsées, et dans des relations non suivies ou illégitimes.

Quels sont les motifs ?

L’étude des motivations montre que chez les hommes comme chez les femmes, les causes principales de passage à l’acte sont une dispute (59 cas) ou le refus de la séparation, qu’elle soit en cours ou effective (29 cas).

Dans le cas de 16 féminicides, la cause principale est la maladie ou la vieillesse de la victime ; le même motif n’a poussé à l’acte que deux femmes.

Toutes les tranches d’âge sont concernées. Les 30-49 ans sont plus représentés chez les hommes, représentant 40 % des auteurs. Pour les femmes, 42 % des auteures ont plus de 60 ans.

Quels profils ?

Un facteur a une prépondérance dans chaque homicide conjugal : l’absence d’activité professionnelle. Chômage, retraite, inactivité sont des éléments récurrents dans une grande majorité des affaires.

Les auteurs sont retraités ou sans emploi dans 71,8 % des cas, ainsi que la victime dans 63,1 % des cas.

Dans 54,4 % des cas (81 couples), l’auteur et la victime étaient tous les deux en inactivité (retraité ou sans emploi).

Pour les actifs, la catégorie des employés est la plus représentée : 12,8 % des auteurs, et 28,2 % des victimes.

Quels facteurs déclencheurs ?

Qu’est-ce qui détermine le passage à l’acte ? L’étude montre que la violence avait souvent déjà fait son entrée dans le foyer sous forme verbale, psychologique ou physique. Souvent, alcool, drogue et médicaments viennent envenimer la situation.

Dans plus de la moitié des faits commis en 2018, l’auteur ou la victime avait consommé une substance susceptible de modifier son discernement. En effet, la consommation d’alcool, de médicaments ou de stupéfiants a été constatée dans 54,6 % des cas.

Dans 29,5 % des affaires, l’auteur avait de l’alcool dans le sang au moment des faits. Il s’agit de 34 hommes et 10 femmes. Dans 22,1 % des affaires, la victime avait également consommé de l’alcool.

La consommation de stupéfiants au moment de la commission des faits a été constatée dans 12,1 % des crimes.

Enfin, 11 auteurs étaient sous l’emprise de médicaments susceptibles d’altérer leur comportement. Dans 20,1 % des cas, l’auteur faisait l’objet d’un suivi psychiatrique ou psychologique.

Dans 45,6 % des affaires, on relève des traces de violences antérieures (physiques, sexuelles ou psychologiques), de la part de l’auteur ou de la victime. Sur 15 des 31 cas où l’auteur de l’homicide est une femme, la victime masculine avait commis des violences antérieures sur sa partenaire.

Quelle répartition sur le territoire ?

La compilation par département des crimes conjugaux de trois années (2016, 2017 et 2018) montre des différences dans l’Hexagone.

En rapportant le nombre de faits à la population de chaque département, on obtient un taux d’affaires pour 100 000 habitants. Cet indicateur varie fortement d’un département à l’autre. De 0 pour certains départements sans crime ces trois années (Hautes-Alpes, Aveyron, Indre, Lozère, Haute-Marne, Hautes-Pyrénées, Saône-et-Loire, Territoire de Belfort) jusqu’à plus d’1,4 pour d’autres (Haute-Corse, Gers, Lot-et-Garonne, Allier…) :

Les enfants, victimes collatérales

Les enfants sont les principales victimes collatérales des meurtres commis au sein du couple ; ils peuvent en être victimes eux-mêmes, témoins directs ou indirects, ou se retrouver orphelins de l’un ou des deux parents.

21 mineurs ont été tués en 2018 en lien avec un conflit conjugal. Dans 3 affaires distinctes, 5 enfants ont été tués en même temps que leur mère. Dans 12 autres affaires, 16 enfants ont été tués sans que l’autre membre du couple soit victime. Ces infanticides ont pour auteur un homme dans 4 affaires (père ou beau-père), et une femme dans 8 affaires (mère ou belle-mère).

Qu’ils aient été présents au moment des faits, ou qu’ils aient découvert les corps, 29 enfants ont été témoins de scène de crime.

En 2018, les 149 crimes conjugaux ont rendu 55 enfants orphelins de mère, 15 orphelins de père et de mère, et 12 orphelins de père.

 
Erwan ALIX.   Ouest-France  

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